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 visiteurs

(EDITO 2 : La puissance de l'église) (EDITO 3 : L'asservissement culturel des esprits)  (EDITO 4 : Le besoin d'éternité)
(EDITO 5 : Croyances étranges des chrétiens) (EDITO 6 : L’obscurité des écritures)  (EDITO 7 - Théologie : l’argument d’autorité)
(EDITO 8 : Pierre premier pape ?) (EDITO 9 : L'Eglise et la science)  (EDITO 10 : L'Eglise et la christologie)
(EDITO 11 : L'Eglise et l'économie divine du salut) (EDITO 12 : Questions sur l'âme)  (EDITO 13 : Les deux récits de l'enfance)
 (EDITO 14 : Luc 19, 27)  (EDITO 15 : Jésus exorciste)  (EDITO 16 : Jésus fils de David)
 (EDITO 17 : Jésus marche sur les eaux)  (EDITO 18 : Jésus maudissant un figuier)  (EDITO 19 : Jésus passe à travers les murs)
 (EDITO 20 : La Transfiguration)  (EDITO 21 : Le Jacuzzi céleste)  (EDITO 22 : Les tentations de Jésus)
 (EDITO 23 : L'incrédulité de saint Jean-Baptiste)  (EDITO 24 : La guérison de l'aveugle de Bethsaïde)  (EDITO 25 : Les impôts de Jésus)
 (EDITO 26 : Les résurrections du Vendredi Saint)  (EDITO 27 : Le troisième jour ou trois jours après ?)  (EDITO 28 : Jésus a-t-il voulu fonder une nouvelle Eglise ?)
 (EDITO 29 : Les apparitions de Jésus après la Résurrection)  (EDITO 30 : L'Ascension ou la disparition de Jésus ?)  (EDITO 31 : La descente aux Enfers)
 (EDITO 32 : L'histoire merveilleuse de la Genèse)  (EDITO 33 : Le péché originel)  (EDITO 34 : Les deux généalogies de Jésus)

(EDITO 35 : L'Eglise et l'argent)

 (EDITO 36 : Le scandale de Medjugorje)

 (EDITO 37 : Le saint suaire de Cadouin)

 (EDITO 38 : L'ignorance de saint Paul) (EDITO 39 : Les malédictions de Jésus) (EDITO 40 : Jésus et la Cananéenne)
(EDITO 41 : Les reliques du prépuce de Jésus) (EDITO 42 : Qui a écrit le quatrième évangile ?) (EDITO 43 : Pourquoi Melchisédech ?)

       

                   Le catéchisme revisité

EDITO 1 : Généralités

 

Depuis des milliers d’années certains hommes s’interrogent en découvrant, surpris, les merveilles de l’univers, regardant, écoutant, touchant, goûtant, ils s’étonnent à la perception de cet environnement extraordinaire, et cherchent à comprendre, comme Leibniz, pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ! Pourquoi ce monde étonnant si divers et si inattendu ? Aussi s’interrogent-ils comme l’abbé Moreux sur le pourquoi de leur existence. Qui sommes nous ? où sommes-nous ? d’où venons nous ? et où allons nous ?

 

 

 

Poursuivant leur réflexion les hommes ont pris conscience de leur fragilité et c’est alors qu’une angoisse surgit bien vite : quel sera leur avenir au-delà de la mort ? L’observation permanente du caractère éphémère de la vie, la perte d’êtres chers, l’anéantissement apparent de leur esprit et la corruption terrible de leur corps, la vie apparaissant par contraste si merveilleuse, les conduisit bien vite à éprouver une peur panique à l’idée de revenir au néant primitif qui les a précédés.

 

 

Pour lutter contre cette terreur que leur inspire la mort les hommes ont échafaudé différentes théories portées généralement par les religions et visant à concevoir une sorte de nouvelle vie, un « au-delà de la mort », qui peut être la métempsycose ou d’autres prolongements comme celui d’une existence spirituelle exonérée du temps et de l’enveloppe charnelle qui a malheureusement le gros défaut de se dégrader avec l’âge.

 

 

 

Ainsi portés par cette idée d’éternité les hommes ont cherché à justifier cette conception nouvelle en essayant de trouver une explication du monde qui puisse les rassurer et satisfaire ce besoin de comprendre qui les animait. Les anciennes civilisations ont pensé que ce monde extraordinaire ne pouvait exister et se justifier que par la présence de dieux tout puissants qui l’auraient créé pour manifester cette puissance, ou pour toute autre raison difficilement perceptible, cette question étant difficile à résoudre, les dieux étant par définition des êtres sérieux, on ne peut imaginer qu’ils aient créé le monde uniquement pour se distraire !

 

 

Ces dieux étaient pour la plupart spécialisés et assumaient leurs fonctions pour gérer en général un domaine particulier de l’activité humaine : il y avait un dieu de la guerre, un dieu des moissons, des dieux domestiques, un dieu (ou déesse) de l’amour, etc... le tout étant supervisé par un super-dieu : Zeus ou Jupiter, chargé de veiller au bon ordre et à contrôler rigoureusement toutes les activités de ces dieux subalternes. Il s’agissait en quelque sorte d’un gouvernement céleste bien organisé pour surveiller la déontologie et la pertinence des activités humaines.

 

 

 

Simultanément ou presque, probablement un peu plus tard que les premiers dieux, un petit peuple nomade lança l’idée simplificatrice d’un dieu unique qui l’avait choisi parmi de nombreux autres pour en faire en quelque sorte sa propriété, le soutenant physiquement et moralement dans ses entreprises pacifiques ou guerrières, contre tous les autres peuples qui croyaient eux-mêmes à d’autres dieux, qui du point de vue du petit peuple n’étaient bien sûr que des faux dieux, ce qui justifia entre autres le massacre de 400 prêtres du dieu Baal.

 

 

 

Ce peuple d’Israël apporta donc l’idée nouvelle d’un dieu unique ayant toutes les qualités qui distinguent par définition la divinité de l’humanité, à savoir : l’omnipotence, la prescience, l’éternité, l’immatérialité et certains ajoutent l’infinie bonté. Ce dieu d’Israël dut subir hélas bien des vicissitudes en se confrontant aux dieux grecs, romains ou égyptiens il entraîna son peuple dans des aventures tragiques : esclavage, guerres, famines, etc... à tel point que son peuple se révolta, comme souvent les peuples se révoltent contre les dictateurs, et qu’il tenta même la protection éphémère d’autres dieux pendant l’absence de Moïse parti converser avec Yahvé sur le mont Sinaï, autres dieux dont le menu peuple pensait qu’il aurait, et a minima espérait, des secours plus favorables.

 

 

 

Nous connaissons bien tous les détails de ces vicissitudes qu’eut à subir ce petit peuple ainsi que les différentes phases de son histoire qui comporta aussi des heures de gloire,  grâce au « Livre » que nous appelons communément l’Ancien Testament.

 

 

Cependant, après environ deux millénaires d’existence depuis Abraham, survint au sein de ce peuple unique, choisi par un dieu unique, un nouveau prophète prénommé Jésus qui parvint à faire croire à ses contemporains qu’il était lui-même le fils unique de ce dieu unique, de ce peuple unique. Ainsi des peuples étonnés apprirent que le dieu unique d’Israël avait un fils et qu’il constituait ainsi avec lui une mini famille. Certes ce n’était qu’un embryon de famille puisque ce fils unique n’avait pas de mère céleste et, chose encore plus surprenante, nous apprendrons bientôt qu’il avait le même âge que son père, ce qui ne sembla pas poser trop de problèmes aux premiers prosélytes. Bien sûr ces révélations étonnantes ne sont survenues que progressivement, mettant un certain temps à prendre forme, mais trois siècles plus tard une assemblée de prélats rassemblés à Nicée déclara avoir tout compris, l’église y ajoutant au cours de ce même siècle un troisième dieu aux contours mystérieux : le Saint Esprit.

 

 

 

Évidemment cette nouvelle croyance entraîna une scission entre les partisans du dieu unique célibataire et les adeptes du Dieu nouveau : Père, Fils et Saint Esprit. Les premiers qui avaient l’avantage d’une croyance plus simple furent aussitôt honnis par les seconds, partisans d’une croyance plus sophistiquée mais qui se propagea très rapidement grâce à l’action habile, efficace et énergique d’un certain Paul de Tarse. Celui-ci parvint à susciter chez les habitants du pourtour méditerranéen un engouement, une espérance et une attirance beaucoup plus forte que celle des partisans de « l’ancienne alliance ». L’esprit prosélytique de ces derniers étant par définition peu développé puisque le dieu d’Israël semblait se contenter de la croyance de son petit peuple. Bref, en quelques années la scission entre les juifs partisans de Yahvé et les chrétiens adeptes du nouveau dieu trinitaire était consommée.

 

 

 

Les chrétiens ayant su prendre l’avantage sur leurs rivaux juifs ou païens, ils imposèrent rapidement leurs vues à partir du quatrième siècle. Obtenant de nombreux avantages de la part des empereurs romains : donations, exemptions d’impôts et du service militaire, exclusivité du dogme. Cependant les ministres de l’Église estimèrent que ces avantages étaient notoirement insuffisants au regard de leur importance spirituelle, c’est la raison pour laquelle à partir du huitième siècle ils parvinrent à se faire attribuer un domaine temporel garanti par la puissance du roi de France, Pépin le Bref en l’occurrence, et justifié par un faux en écriture fabriqué par des moines de cette époque : la fameuse « donation de Constantin », dont l’humaniste Lorenzo Valla découvrit la supercherie en 1442.

 

 

 

Poursuivant leur ascension politique les papes voulurent soumettre les monarchies à leur pouvoir spirituel et temporel par la théorie du double glaive : le glaive spirituel détenu par l’Église et le glaive temporel détenu pour l’Église par les états. Cet appétit de puissance se heurta pourtant à la fin du sixième siècle à un nouvel adversaire redoutable : l’Islam, nouveau monothéisme s’inspirant des deux précédents mais revenant à nouveau à une simplicité plus biblique que chrétienne. Un seul dieu au nom différent mais tout aussi omnipotent et intransigeant que les deux autres, exaltant le sang des martyrs et favorisant le succès de ses armées.

 

 

Il existe bien sûr d’autres dieux qu’ils soient extrême-orientaux ou indiens, mais dont la puissance politique n’est pas à la mesure des trois autres.

 

Parmi les trois dieux monothéistes, le dieu des chrétiens se distingue par sa complexité. Il reprend bien sûr des idées anciennes comme l’existence d’êtres spirituels bons ou méchants qualifiés d’anges ou démons, tels qu’on peut les trouver dans les écrits vétérotestamentaires, mais il y ajoute de nombreux autres éléments :

-  une complexité trinitaire surprenante,

- une multiplication des réceptacles dans l’au-delà destinés à recueillir différentes catégories d’âmes : jusqu’à cinq dans le passé, réduits à trois aujourd’hui (enfer, paradis, purgatoire), étant passés aux oubliettes les limbes des patriarches et les limbes des enfants morts sans baptême...,

- une multiplication des dogmes : Résurrection, Assomption, Immaculée conception, transsubstantiation, vision béatifique, jugement personnel et jugement dernier, péché originel, Rédemption, etc... dogmes nécessaires pour rendre compte de la complexité théologique.

 

 

 

On pourrait ajouter à ces dogmes officiels des visions plus oniriques ou folkloriques comme l’existence de neuf catégories d’anges et d’un paradis constitué de sept cieux, dont Paul nous dit qu’il a eu une révélation du troisième dans « une vision ineffable » sans nous préciser ce qu’il a découvert au passage des deux premiers !

 

 

Bien sûr l’histoire de l’Église regorge de discussions théologiques qui abordent tous ces sujets aussi hypothétiques que mystérieux. Certains papes ou grands docteurs de l’Église ont eu sur ces questions épineuses bien des avis divergents et parfois contradictoires avec les vues actuelles de l’église comme pour le dogme de l’Immaculée conception, la vision béatifique ou l’humanité de l’embryon, conceptions qui pourraient nous faire douter du dogme de l’infaillibilité pontificale ou de l’Esprit Saint (Qu’on ne nous dise pas que l’élection pontificale est le résultat de l’influence du Saint Esprit ! à titre d'exemple voyez l'élection de Jean XXII...)

 

 

En conclusion il est facile de constater que la recherche de la vie éternelle a conduit souvent à une dispersion des vues théologiques et de la représentation de cet au-delà immatériel dont la description sans cesse renouvelée conduit à des incohérences et des contradictions flagrantes. Prenons à titre d’exemple la vision paradisiaque des chrétiens, n’est-elle pas étrange ? Voyons quelques questions que l’on peut légitimement aborder :

 

1) "Nous serons comme des anges" nous dit Jésus, cependant, nous le savons bien, les théologiens ont discuté longuement sur le sujet : les anges ont des ailes et pas de sexe. Nous devrons donc nous voir attribuer les premières et soustraire le second. En outre, à notre connaissance, les anges n’ont ni parents, ni enfants, devrons-nous dans ces conditions être privés de leur présence ? ce serait bien triste (il peut y avoir des exceptions).

2) Pourquoi était-il nécessaire de créer un monde terrestre, alors que le monde spirituel était préexistant, et que ce monde spirituel est d’une perfection plus grande que celle du monde terrestre, puisque Jésus nous a assuré que le plus grand sur terre est inférieur au plus petit de ces êtres célestes ?

3) Selon l’Église Dieu a voulu accorder aux hommes la liberté, mais dans ce cas la conserverons-nous au paradis ? En effet cette condition humaine à laquelle aspirent tous les peuples en esclavage ou soumis à des régimes dictatoriaux, cette liberté à laquelle tous les hommes aspirent, la trouverons-nous au paradis ? En effet lorsqu’on récite le « Notre Père » il est permis d’en douter, sinon pourquoi faire cette demande « que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel » ? Y aurait-t-il un doute sur le respect de la volonté de Dieu au paradis ? Quelle étrange demande !

 

 

 

On le voit aisément, tout chrétien et probablement tout juif ou tout musulman, peut se poser mille questions sur notre existence dans l’au-delà. Cette connaissance étant évidemment inaccessible à l’esprit humain, faut-il la rechercher toute sa vie ? N’y a-t-il pas là une activité inutile et parfois dangereuse par les conséquences qui peuvent en découler. L’histoire nous révèle à l’évidence toutes les horreurs qui furent la conséquence des idéologies religieuses, depuis les croisades jusqu’à la shoah (indirectement mais sûrement), la liste des guerres résultant à la fois des ambitions humaines et des religions étant interminable.

 

 

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